Empathie et mode éponge

empathie

GÉRER SON EMPATHIE ET LE MODE ÉPONGE

 

Composé de « en » qui signifie dedans et de « pathie » qui veut dire ce que l’on éprouve, l’empathie désigne la capacité à ressentir les émotions de l’autre. Elle nous fait ressentir et éprouver la peine ou le plaisir d’autrui comme il l’éprouve.

Cette « compréhension empathique » se distingue du sentiment de sympathie éprouvé pour quelqu’un. Par ce lien affectif, nous comprenons l’autre, nous compatissons mais contrairement à l’empathie, nous ne ressentons pas ce qu’il ressent.

Mais lorsque les émotions d’autrui nous submergent, nous envahissent à un point tel que nos états semblent être calqués, l’empathie devient mode éponge.

 

L’empathie au quotidien

Ce que nous sommes, nos pensées et nos états, se transcrivent dans notre énergie, notre aura. Chaque émotion y induit comme un message, une onde, un flux énergétique chargé de notre état. Nous « dégageons » une sorte d’information/état que l’autre, peut alors ressentir ou non.

Selon notre niveau d’empathie, nous sommes plus ou moins sensibles et réceptifs aux énergies émanant de l’autre (les bonnes comme les moins bonnes). L’empathique attire généralement des gens, proches ou non, qui trouvent réconfort auprès de lui. Son aura agit alors comme un aimant sur l’aura de l’autre. Cet autre ne sait pas pourquoi il y trouve là un réconfort particulier mais dira souvent qu’il se surprend à se confier autant.

Faible chez les uns, l’empathie n’est pas dérangeante. Pour d’autres, à contrario, elle devient parfois difficile à gérer. A forte impression, ces flux peuvent les envahir voire les submerger. Quand, de plus, l’autre est plusieurs (au travail, dans les endroits publics, dans les transports en commun, etc.), le nombre de ces flux en est de fait démultiplié.

Selon qu’il s’agisse de bonnes énergies ou de mauvaises, les effets ne sont évidemment pas les mêmes. Etre envahi de la gaieté d’une personne ou de son mal de vivre, n’aura bien sur pas la même incidence. L’atmosphère d’un lieu pouvant à l’identique, imprégner l’empathique de son histoire.

Les uns seront donc juste dérangés, les autres perturbés, les « éponges », elles, seront complètement débordées. Elles peuvent passer du rire aux larmes, être triste sans savoir pourquoi ou  changer d’humeur sans raisons apparentes. Impression de mal être, de déprime, douleurs physiques, etc. ; nombreux sont les impacts et dérèglements sur le corps et l’esprit provoqués par cette « absorption » incontrôlée. La difficulté réside alors dans le fait de se dégager de ces « impressions », lesquelles ne sont parfois pas identifiées comme étant notre ressenti de l’autre. Il sera donc évident qu’être bien dans sa peau pourra parfois être difficile pour l’empathique débordé.

 

Apprendre à se protéger

Encore faut il, tout d’abord, savoir que ce « mode éponge » est plus ou moins actif et plus ou moins intense selon qui nous sommes. Contrôler, se protéger, demandent un travail régulier car l’empathie ne s’annule pas, elle se maîtrise. Tout comme l’éponge ne peut se soustraire à ses propriétés de rétention des liquides et n’être qu’essorée régulièrement, ces extra sensibles peuvent se libérer des flux environnant et se protéger en amont. Mais sensibles ils sont, sensibles ils resteront.

L’idée n’est pas de se fermer complètement à l’autre mais d’apprendre à se protéger.

La protection majeure réside dans cette citation célèbre : « Connais-toi toi-même ». Connaitre nos fondements, nos mécanismes bref, ce que nous sommes, permet de faire la différence entre ses propres émotions et celles des autres. Reconnaître ce qui nous anime, comme ce qui nous constitue, aide donc à faire la différence entre ce qui est en nous et ce qui arrive de l’extérieur. De fait, en les identifiant, il est plus facile de ne pas se laisser envahir par les ressentis d’autrui.

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La méthode de la barrière mentale, elle, consiste à apprendre à se fermer « à la demande » afin de faire face aux situations délicates. Cela consiste par exemple à visualiser autour de soi comme une bulle sur laquelle rebondiraient les flux nocifs. Ceci tenant de la force mentale, comme une certitude ancrée en soi que le bouclier est actif. Cela peut être accompagné d’un geste ou d’une posture (par exemple, croiser les bras afin de minimiser le flux énergétique en conscientisant qu’ainsi, « rien ne passe ».) ou d’une phrase (exemple « je ne me laisse pas envahir par les émotions de l’autre »). Chacun trouvera son petit rituel. Le port d’une pierre comme la labradorite qui absorbe les énergies négatives, allège le stress et écarte les projections des autres, peut également être une solution au quotidien.

Enfin, lorsqu’un trop plein se fait ressentir, toucher du bois, un arbre de préférence à un meuble et se laisser « décharger » des énergies négatives. Faites l’expérience, la sensation est fort agréable. Un moyen plus accessible est de se passer les mains sous l’eau. Laisser l’eau couler des poignets vers les doigts, comme si la main était maculée de sable ou de poussière. Conscientiser alors que cette poussière représente les énergies négatives à se débarrasser et laisser l’eau couler. Dans le même esprit, sous la douche, laisser couler longuement l’eau sur la nuque, les épaules et les bras.

 

Conclusion

Dans certains cas, comme dans la médiumnité, l’empathie est un outil de premier ordre. En effet, un médium va, entre autres effets liés à sa pratique, ressentir clairement l’aura de la personne qui le consulte et en retirer un cadre, une première « définition ». Approfondie dans la relation patient-guérisseur, ce lien permet de qualifier les besoins du corps et de l’esprit. Mais plus habitué à se protéger de ces influx, les émotions de l’autre ne submergent pas le médium et n’imprègnent sur lui qu’une information passagère.

Le mode éponge, lui, peut être exacerbé par une cause d’ordre plus psychologique si, par exemple, il tourne à l’identification à l’autre ou nourrit le besoin absolu d’être reconnu en reconnaissant l’autre. Dans les cas les plus courants, la simple connaissance de ce « mode éponge »  et sa gestion est rendue indispensable afin de ne pas être « pollué ».

Au-delà de l’autre, cette spongieuse sensibilité nous renvoie surtout à nous même, à notre propre connaissance. Elle renforce le lien corps-esprit en nous demandant de connaitre par l’esprit, notre corps et les émotions qui s’y transcrivent. Cheminant sur la découverte de nos sensations, restant ouvert à l’autre, nous cheminons vers notre moi profond. Nous avons, ainsi, la possibilité d’y déceler tout ce qui peut constituer notre équilibre intérieur le plus primordial.